Étude de cas, centre de tri de collecte sélective
Objectiver pour mieux dialoguer
Comment la SPL Allier Tri s’est dotée d’une donnée continue et indépendante sur ses flux, pour préparer le renouvellement de son contrat d’exploitation.
Jackie Renaud, directrice générale, SPL Allier Tri


Le contexte
Préparer une consultation sur une base solide
Après près de sept ans d’exploitation, Allier Tri prépare le renouvellement de son contrat. Avant de lancer la consultation, la SPL veut connaître le flux réel sur toute l’année : sa saisonnalité, ses variations, et le fonctionnement effectif du process.
Les caractérisations manuelles prévues au contrat ne le permettent pas. Elles portent sur moins de 10 t par an, pour 20 000 t traitées : un échantillon qui peut déjà être biaisé. La SPL veut aussi vérifier une affirmation courante, selon laquelle le flux change beaucoup.
Une question d’investissement se pose enfin. Contrairement à d’autres sites, aucun trieur n’est affecté au tapis des refus. Faut-il prévoir un outil d’extraction, ou faire passer les refus en cabine ?
Dans le contexte d’une consultation, une exigence s’impose : la donnée doit être indépendante de l’exploitant en place.
Le dispositif
Deux points de mesure, une donnée indépendante
La SPL a choisi de se limiter à deux lignes, pour maîtriser le coût et apprendre à exploiter la donnée avant d’aller plus loin.
- Alimentation
- pour suivre la composition et le débit de l’entrant, heure par heure.
- Refus avant cabine
- pour comprendre le fonctionnement du process et évaluer les valorisables perdus.
- Installation
- des cadres fabriqués par une entreprise locale ; le raccordement internet a demandé plus de temps que la mise en place des deux caméras.
- Deux mois
- de calibration, caractérisations croisées comprises, entre l’installation début décembre 2025 et une donnée exploitable.
Le travail au quotidien
Une grille commune, des rapports, des alertes
Aligner les grilles de lecture
Deux personnes ne classent pas toujours un objet de la même façon. Avant d’automatiser, NextWaste a réuni la SPL et l’exploitant pour revoir toute la grille de caractérisation, catégorie par catégorie.
« On a revu toute la grille de lecture ensemble ; on a pris une petite après-midi, avec l’exploitant, pour être d’accord sur où on mettait chaque objet. »
Rendre la donnée lisible
Comme beaucoup de sociétés publiques locales, Allier Tri fonctionne avec une équipe très réduite. Au démarrage, NextWaste a produit des rapports quasi quotidiens pour isoler les signaux utiles, puis a aidé à les interpréter.
Transformer un constat en alerte
En croisant débit et composition sur une même matinée, les rapports ont mis en évidence de fortes fluctuations à l’alimentation, invisibles dans les moyennes mensuelles. Un seuil de débit a été défini : au-delà, une alerte SMS prévient la SPL et l’exploitant, qui peuvent agir sans attendre. L’enjeu est la disponibilité de la ligne, élément essentiel d’un centre de tri.
Ce que révèle la donnée
Des dérives enfin visibles, et une hypothèse d’investissement remise en question
Analyse continue depuis la fin de la calibration, début 2026. Les adaptations envisagées pour la prochaine exploitation porteront plutôt sur l’amont que sur la seule ligne des refus.
Témoignage
Jackie Renaud, en ses mots
« Je suis convaincue que ces outils vont nous permettre de mieux travailler ensemble, parce que la collectivité et l’exploitant auront les mêmes données. Et l’intervention d’un tiers fait que personne ne peut dire que c’est l’un ou l’autre qui a produit la donnée. »
« L’objectif d’Allier Tri n’est pas de surveiller l’exploitant, mais bien de comprendre, pour lancer une consultation et améliorer le traitement de la collecte sélective. »
« Il ne faut peut-être pas investir tout de suite sur cette ligne, contrairement à ce qu’on avait imaginé. »
« L’expérience vaut la peine d’être tentée, parce qu’on obtient des données auxquelles je ne m’attendais pas. »
Et maintenant
Vers un usage plus partagé de la donnée
Les réserves initiales de l’exploitant sur l’analyseur des refus se sont levées à l’usage. La suite consiste à rapprocher la donnée de ceux qui agissent sur la ligne.
Des alertes en cabine
Un écran affichant les alertes directement aux opérateurs, pour agir sur le process en temps réel. Le projet est en discussion.
Dimensionner le futur marché
Plus d’un an de données continues, bien plus fiables que les caractérisations annuelles, à partager avec le futur exploitant.
Mesurer l’impact des évolutions
Suivre l’effet de chaque adaptation du process, en amont comme sur la ligne des refus.
Repères de lecture
Les limites, posées d’emblée
À garder en tête
- Une caméra ne mesure pas l’humidité de l’entrant, qui peut pourtant influer sur le process.
- Une alerte n’a d’effet que si l’organisation permet d’y répondre : avec un effectif déterminé, réaffecter un agent en cours de poste n’est pas toujours possible.
- Trop de données tue la donnée : la valeur tient au choix de quelques indicateurs et seuils utiles.
Vous préparez un renouvellement de marché ?
Échangeons sur la connaissance de vos flux et sur un dispositif adapté à votre site.
Autres études de cas
Témoignages recueillis lors du webinaire NextWaste « IA en centre de tri : retours d’expériences de l’analyse continue », 17 septembre 2026.
