Une mesure n’a comme valeur que l’action qu’elle permet
Installer un analyseur au-dessus d’un convoyeur prend quelques heures. Rendre sa donnée fiable, lisible et utile à une décision demande un accompagnement que nous menons sur chaque site, avec la collectivité et avec l’exploitant. Voici comment, sur trois sites équipés.
SPL Trigironde
Gironde, ligne des refus
SPL Allier Tri
Allier, alimentation et refus
GreenRécup’
Val-d’Oise, alimentation et fraction 40-180 mm
Trois principes
Ce qui guide chaque déploiement
Adapter l’analyse à votre grille de caractérisation
La mesure reprend vos référentiels, grille de caractérisation, maille, catégories, pour que ses résultats se comparent à vos données historiques.
Prouver avant d’affirmer
Chaque dispositif est calibré par des caractérisations manuelles croisées. Ses limites sont posées dès le départ, pas découvertes en chemin.
Rester un tiers
NextWaste n’exploite pas de site et n’a de lien capitalistique avec aucun constructeur. Vous restez propriétaire de vos données et choisissez avec qui les partager.
Cinq étapes
De l’installation de l’analyseur à la décision d’investir
Chaque étape décrit ce que fait NextWaste, puis ce qui s’est passé concrètement sur les sites.
Ce que fait NextWasteCe qui s’est passé sur site
1
Installer l’analyseur sans perturber l’exploitation
L’analyseur se fixe au-dessus d’un convoyeur existant, sur un support simple, près d’une alimentation électrique et d’un accès réseau. Nous choisissons avec le site les points de mesure utiles, plutôt que d’équiper toutes les lignes.
Sur site
Trigironde
Un support réalisé par un artisan local pour moins de 500 €, posé sur le convoyeur des refus en moins de deux heures.
Allier Tri
Deux points de mesure, l’alimentation et la ligne des refus avant cabine. Le raccordement internet a demandé plus de temps que l’installation.
GreenRécup’
Deux positions : l’alimentation principale, et la fraction 40-180 mm où se cachent les recyclables non captés.
2
Mesurer avec la grille du site, pas avec la nôtre
L’analyseur identifie chaque objet visible et le classe selon la grille de caractérisation déjà utilisée par le site. Pendant la calibration, des caractérisations manuelles horodatées sont comparées à sa lecture sur la même période, jusqu’à réduire l’écart au minimum.
Sur site
Trigironde
« Notre démarche, c’est de savoir quels sont nos valorisables dans les refus, en demandant à NextWaste de reprendre exactement le standard Citeo. »
Olivier Guilmois, directeur général
Les fines sont définies selon la maille du site, moins de 5 cm. La calibration a été bouclée en deux à trois semaines.
3
Construire une lecture commune avec l’exploitant
Deux personnes ne classent pas toujours un objet de la même façon, et la caractérisation manuelle a sa propre variabilité. Avant d’automatiser, nous réunissons collectivité et exploitant pour fixer, catégorie par catégorie, les mêmes points de référence.
Sur site
Allier Tri
« On a revu toute la grille de lecture ensemble ; on a pris une petite après-midi, avec l’exploitant, pour être d’accord sur où on mettait chaque objet. »
Jackie Renaud, directrice générale
Deux mois, caractérisations croisées comprises, entre l’installation et une donnée exploitable.
4
Rendre la donnée lisible au quotidien
Un site n’a pas vocation à devenir un service d’analyse de données. Au démarrage, nous produisons des rapports réguliers qui isolent les signaux utiles, et nous aidons à les interpréter. Les dérives récurrentes deviennent ensuite des alertes simples.
Sur site
Allier Tri
Des rapports quasi quotidiens ont révélé des fluctuations à l’alimentation, invisibles dans les moyennes mensuelles. Au-delà d’un seuil de débit, une alerte SMS prévient la SPL et l’exploitant.
GreenRécup’
Horodatage et reporting automatisé : une caractérisation par apporteur, et des équipes de production alertées des variations de composition.
5
Éclairer la décision d’investissement
La mesure sert à trancher : elle peut justifier un équipement comme en différer l’achat. Quand un investissement se dessine, nous chiffrons les hypothèses de retour et étudions le couplage de l’analyseur à un équipement d’extraction.
Sur site
Trigironde
Le couplage de l’analyseur à un éjecteur, qui renverrait les emballages vers le tri optique, est à l’étude.
Allier Tri
15 à 20 % de valorisables dans les refus, surtout du fibreux : pas d’investissement immédiat sur cette ligne.
GreenRécup’
La fraction 40-180 mm quantifie les recyclables perdus, pour arbitrer entre réglages, procédures d’alimentation et investissement.
Deux centres de tri, une même question
Faut-il investir sur la ligne des refus ?
Trigironde et Allier Tri ont mesuré 100 % de leur flux en continu, pendant plusieurs mois. Les deux sociétés publiques locales arrivent à des réponses opposées. C’est précisément ce qu’on attend d’une mesure : qu’elle puisse aussi conclure à ne pas investir.
SPL Trigironde
Saint-Denis-de-Pile, Gironde, 34 000 t par an
« On ne peut plus rester comme ça. »
Olivier Guilmois, directeur général
Ce que la mesure a montré
Près de 50 %
de valorisables sur la ligne des refus, avant le passage des agents de tri, qui en récupèrent ensuite une partie.
Où en est le site
L’investissement n’est pas encore acté. Une extraction automatisée est à l’étude.
Témoignages recueillis lors du webinaire NextWaste « IA en centre de tri : retours d’expériences de l’analyse continue », 17 septembre 2026. Article NextWaste du 30 mars 2026 pour GreenRécup’.